Atelier « emploi et transition »(IUT GEA), saison #2

Les ateliers Icare ont proposé pour la deuxième année consécutive un atelier dédié à la transition de l’emploi, pour les deuxièmes années de l’IUT GEA à Toulouse. Bilan du premier acte 2022-2023 ici. Avec l’animation de salarié·es partageant leurs expériences (sans-filtre !) du monde de l’entreprise, l’objectif est de réfléchir collectivement aux transformations de l’emploi dans un contexte de transition écologique et sociale. Et cette année, nos quatre intervenants de l’association (Charlène, Béatrice, Jean-Baptiste et Bruno) ont eu le plaisir d’être rejoint par Louis, du collectif les Désert’heureuses. Objectif zéro greenwashing !

Quels métiers vont apparaître ou disparaître d’ici dix ans ? La transition écologique peut-elle être une opportunité pour exercer un métier passion, ou par exemple le métier qui m’attirait étant petit.e ?

Quels métiers vont apparaître ou disparaître d’ici dix ans ? La transition écologique peut-elle être une opportunité pour exercer un métier passion, ou par exemple le métier qui m’attirait étant petit.e ?

A travers un échange sur le parcours des membres de l’association, une lecture de textes inspirants, et un débat mouvant pour conclure, nous espérons que l’atelier en version 2023-2024 aura permis d’enrichir la réflexion des étudiant.es.

Comme l’année dernière, nous sortons ravis de la session avec les étudiants et de leur enthousiasme. Mais les quelques heures de discussion, si elles ne permettent pas d’avoir un ressenti approfondi, nous interpellent à travers deux sujets:

1/ Il semblerait que les étudiant.es n’aient eu jusque là que très peu de contenu sur les enjeux socio-écologiques actuels. A part quelques individus plus renseignés, on ressent une envie de débattre, d’échanger, tout en manquant de connaissance et de références. Sans parler de notions scientifiques plus ou moins abordables, Jean-Marc Jancovici ou Dernière Rénovation sont par exemple inconnus dans la salle. D’autres éléments assez nombreux viennent confirmer ce ressenti tout le long de l’atelier. Nous n’évoquons pas ce point pour imputer ce déficit de connaissance aux étudiant.es qui ont toujours été volontaires et intéressé.es pour participer au débat. Mais ces quelques heures nous questionnent sur le contenu écologique présent dans les programmes scolaires précédemment reçus, au Lycée en particulier. Ce questionnement vient confirmer l’urgence à donner suite aux revendication de l’APSES (Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales) via sa tribune « les programmes scolaires doivent aussi faire leur transition!« . Combien d’heures sur la transition écologique au Lycée ? Les limites planétaires ou la théorie du donut sont elles évoquées ? Ose-t-on encore parler de développement « durable » aux élèves ??

Combien d’heure sur la transition écologique au Lycée ? Les limites planétaires ou la théorie du donut sont elles évoquées ? Ose-t-on encore parler des mirages développement durable aux élèves ??

2/ Les étudiants rencontrés semblent (quasiment tous) profondément négatifs quant à la nature humaine. La critique de la société de consommation et du productivisme ayant fait largement consensus, une discussion en sous-groupe a permis d’aborder le militantisme et les différents modes d’action pour essayer de changer les choses. Une étudiante prit la parole: « mais nous ne pouvons pas changer, c’est au fond de nous…ça n’est que par la loi que l’on sera écolos ». Un peu décontenancé, l’intervenant a pris ce thème comme un des sujets pour le débat mouvant qui suivait. « Cher.es étudiant.es, prenez part au débat, mettez vous à ma droite si vous pensez que seul la loi pourra vous rendre plus éco-responsables, sinon mettez vous à ma gauche! ». Droite: 22 personnes. Gauche: 1. Et le groupe de s’expliquer en rigolant, comme en s’excusant: « mais c’est comme ça, l’homme est méchant » « on est égoïstes »…(silence du rédacteur). Peut-on transformer la société sans y croire ? Comment expliquer cette perte de confiance généralisée ? A n’en pas douter, la responsabilité du phénomène est multiple. Comment garder foi en l’homme si l’on suit les actualités ? si l’on liste les désillusions provoquées par l’appareil politique depuis des décennies ? si un.e élève écoute ce que l’école retient de l’histoire (guerres, conquêtes, jeux de pouvoir) ou des sciences naturelles (anthropocentrisme omniprésent) ? Si l’on est sensible, comme beaucoup d’étudiant.es, aux messages générés par les films, les réseaux sociaux, ou la publicité, là où le chacun pour soi domine?

Peut-on transformer la société sans y croire ? Comment expliquer cette perte de confiance généralisée ?

Les ateliers Icare seraient ravis de multiplier les interventions dans les universités et les écoles, et également de participer à des groupes de travail pour solutionner les deux problématiques évoquées ci-dessus.

Nous remercions Hélène et les étudiant·es pour leur enthousiasme et leurs nombreux questionnements.

Les Ateliers Icare.

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