Comme annoncé sur nos réseaux, les Ateliers Icare ont pris leur sac à dos et le train pour participer à trois événements internationaux organisés en Europe de l’ouest en ce mois d’octobre :
- La Global Climate Jobs Conference (GCJC) à Amsterdam
- Le World Congress for Climate Justice (WCCJ) à Milan
- La rencontre biannuelle du réseau Transnational Social Strikes Plateform (TSS) à Bologne









Tout d’abord, merci à Interrail pour nous avoir permis de limiter nos frais et nos émissions tout en permettant de découvrir d’autres villes sur le chemin !
Les trois événements ont pour point commun d’avoir permis de nombreuses rencontres et débats qui, nous l’espérons, verront naître des travaux ou des actions concrètes. C’est toujours une question importante pour des petites structures comme la nôtre : est-ce intéressant de prendre le temps et une partie de nos moyens pour participer à une n-ième conférence ? Ne serait-ce pas plus utile de garder notre précieuse énergie pour travailler nos sujets ?
Il est bien évident que toutes les pistes d’actions et de possibles projets évoqués pendant ces neufs jours n’événements n’aboutiront pas. Est-ce que toutes les promesses de ventes aboutissent lors d’un forum professionnel ? Certainement pas ! Mais c’est là où des rencontres et des partages précieux d’expériences peuvent se faire. Ainsi nous rentrons en France avec des histoires plein la tête et la certitude qu’une communauté minoritaire mais puissante existe partout avec un même objectif : faire en sorte que le monde soit plus juste, plus solidaire et en accord avec les limites planétaires.
Plutôt qu’une liste interminable nous avons choisi de faire la lumière sur trois projets dans lesquels nous nous retrouvons parfaitement :
- La semaine de 4 jours de travail avec maintien du salaire, qui est défendue avec force par les collectifs italiens ADL Cobas and Camera del Non Lavoro. Autant vous dire que notre proposition de polyactivité a donné des idées à d’autres collectifs et syndicats qui n’avaient pas forcément pensés à l’utilisation politique de ce jour ainsi libéré. Mais nous avons aussi appris qu’une étude en Angleterre avait déterminé que la semaine de 4 jours permettrait une réduction de plus de 20% les émissions des salariés. Une autre étude suggère même de passer à 3 jours par semaine pour diminuer encore plus les émissions ! Et enfin une dernière montre que la semaine de travail plus courte permet un engagement dans les activités locales et à la maison ce qui semble contre-intuitif, nous pourrions en effet penser que les personnes profitent des week-end prolongés pour aller loin.
- La lutte actuelle des salariés de l’usine de pièces automobiles et aéronautiques GKN, qui montre que les travailleurs et travailleuses ont la pleine capacité de proposer un plan de développement alternatif qui s’engage pleinement dans la transition. Leur proposition de coopérative de fabrication de vélos cargos et de batteries photovoltaïques sans lithium est un exemple de ce que nous avons simplement osé sur le papier pour le moment ! Les salariés de GKN sont déjà dans le futur et ont besoin de tout notre soutien dans cette phase difficile de leur lutte qui dure depuis maintenant deux ans. Leur coopérative doit avoir atteint les 10000 souscriptions d’ici janvier 2024 si elle veut simplement voir le jour. Il est intéressant de voir que leur projet est soutenu par une large communauté mais finalement assez peu par les syndicats locaux qui ne voient pas nécessairement d’un bon œil leur autodétermination asyndicale et apolitique.
- La COP 30 qui sera organisée au Brésil et pour laquelle le Sud Global souhaite que sa voix porte enfin ! Il a été assez remarquable à quel point, nous occidentaux, prenons de la place dans le débat et dans les propositions qui peuvent être faites. Nous prenons tant de place que nos frères et sœurs d’Amérique Centrale, d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie et même d’Europe de l’est n’ont que peu d’espace pour faire entendre leurs propositions. Ainsi, il a été promis de s’organiser pour la COP 30 qui aura lieu à proximité immédiate de l’Amazonie, afin d’utiliser nos forces et nos infrastructures pour amplifier les voix du Sud Global. Nous, habitants du Nord Global avons été et sommes encore à l’origine de beaucoup de désastres de par le monde, il serait donc temps que nous laissions la scène internationale à celles et ceux qui n’ont pas détruit la planètes. De la même manière qu’il est impossible de faire confiance à Total Energie pour organiser une juste transition énergétique, il est peu crédible d’en attendre mieux de l’Europe de l’Ouest ou de l’Amérique du Nord. Laissons donc le micro aux peuples qui vivent depuis longtemps en accord avec leur environnement et amplifions leur voix sans interférer.
Ce que nous pouvons partager enfin c’est qu’à Amsterdam, Milan ou Bologne, l’autodétermination permet une indépendance qui semble nécessaire face à des aides publiques qui tardent à venir et un système global qui ne permet généralement pas la mise en place de projets radicaux. Car c’est bien de radicalité dont nous avons besoin aujourd’hui ! Pour sortir d’un système prédateur, colonial et injuste, il semble nécessaire de s’affranchir d’un état qui, par ses institutions et ses finances, maintien le statu quo.
Ce que nous voyons dans le paysage institutionnel français depuis plusieurs décennies maintenant et plus particulièrement sous les présidences d’Emmanuel Macron, nous confortent dans cette idée : soyons honnêtes avec ce que nous souhaitons voir advenir et osons ! Avec, mais surtout sans les institutions qui, espérons-le, ne tarderont pas à nous rejoindre.
Après ce mois d’octobre riche, le temps est venu de passer à l’action partout où c’est possible en s’appuyant sur un réseau minoritaire mais puissant qui ne peut pas s’affranchir de soutenir toutes les personnes et projets qui vont dans le même sens partout sur la planète !
Les Ateliers Icare
