Expérimentation de la poly-activité: (mini) journal de bord !

Après un premier article décrivant le contenu du projet, ce deuxième texte partage les impressions de l’équipe, à chaud, en début et fin d’expérimentation. Le debrief à froid, ainsi que la présentation des étapes suivantes, viendront après l’été !

2 Juin 2023.

C’est parti !!! Anne, Béatrice, Adrien, ont quitté leur quotidien pour une première journée chez Maryline aux serres Dellarossa (31). Semi de carottes. Pose de tuteurs pour les tomates. Plantation des courges. Préparation de planches pour les oignons de garde et des haricots rame…le tout sur sol BIO et VIVANT.

Chloé, Bruno, Florian et Yoann vont prendre le relais dans les jours à venir. En parallèle, Frédéric teste le concept chez Quentin, un autre maraîcher à quelques kilomètres de là.

La poly-activité permet de faire transiter (ou équilibrer) les emplois des bureaux vers les métiers manuels. Pour ceux qui ne sont pas prêts pour une reconversion complète, on serait 1 jour par semaine, ou à mi-temps, à la ferme, chez le pépiniériste, chez le boulanger …c’est un autre type de transition. Cela peut aussi être un moyen de participer à des activités très différentes et complémentaires.

La poly-activité permet de faire transiter (ou équilibrer) les emplois des bureaux vers les métiers manuels.

L’expérimentation actuelle de l’asso a pour but de vérifier la faisabilité du concept, et l’intérêt pour les salariés, et les maraîchers ou autres bénéficiaires. Les sujets de la formation ou du financement seront aussi à adresser bien sûr.

Mardin 13 Juin 2023.

Chacun des membres de l’expérimentation a passé au moins une journée à la ferme. Tout le monde est ravi. Pour ceux qui ont eu l’occasion de venir plusieurs fois, on voit bien sûr une différence: on trouve déjà quelques repères, on connaît mieux la famille Dellarossa, on comprend mieux ce qu’il y a à faire.

La période de mi-Juin est très pluvieuse, mais il y a de quoi s’occuper à l’abri sous le couvert de la serre: nettoyage des oignons, ou des plants de poireaux, selon. Chaque période d’accalmie nous fait regagner les parcelles extérieures: préparation de planches (et à la bonne dimension svp !), plantation de poireaux, désherbage…

En terme d’activité, c’est Loïc, le fils de Maryline, qui nous indique quoi faire. Il passe autant de temps que nécessaire pour nous expliquer quoi faire, en détails (« on arrache les feuilles de blette en les faisant vriller à la base dans un sens, puis dans l’autre », « pour planter les poireaux pralinés il faut les enfoncer au plus profond possible dans le trou fait au plantoir, car c’est la partie enterrée qui fait le blanc du poireau »…). On en profite aussi pour poser nos questions, notamment ceux qui ont un potager à la maison: « comment fais-tu pour ne pas avoir de pucerons sur tes fèves ? » « est-ce que tu retires tous les gourmands sur les pieds de tomate ou pas ? ». Etc

On en profite aussi pour poser nos questions (…) : « comment fais-tu pour ne pas avoir de pucerons sur tes fèves ?? »

Les activités à mener sont ainsi suffisamment expliquées par Loïc pour qu’il ne semble pas forcément nécessaire d’avoir une forte expérience de maraîchage pour être efficace. Cela aide quand même, bien sûr ! Il semble par contre important d’être attentionné pour suivre les préconisations données.

30 Juin 2023.

Expérimentation terminée ! Avec celle que Frédéric a pu faire chez Quentin le maraîcher à Blagnac (31), ce ne sont pas moins de 29 jours passés à la ferme collectivement. Nous avons fait un dernier repas ce vendredi midi avec les participants de l’association et toutes les personnes rencontrées aux serres Dellarossa.

L’association présentera un débriefing complet après l’été. Le ressenti est très encourageant: diversité des activités, humain au cœur du projet, croisement des mondes urbains et ruraux, impression d’être utile, travail dans un cadre privilégié, au son des crapauds et des poules…L’association s’est faite accompagner par deux étudiants de l’ENSAV (école de Cinéma à Toulouse) pour réaliser une petite vidéo présentant l’expérimentation dans les deux fermes.

Pour autant nous n’idéalisons pas le métier de maraîcher. Ces quelques jours passés à la ferme nous ont montré les aléas de la météo (oignons et pommes de terre auraient aimé moins de pluie !), les difficultés financières à surmonter (débat sur le coût de la main d’oeuvre, des charges, des marges des distributeurs) , la gestion d’équipe, la pénibilité de certaines activités (préparation de nouvelles planches sous forte chaleur, désherbages en tous genres, astreinte à des tâches répétitives comme le tri et nettoyage d’une grande quantité de légumes – pommes de terres, oignons…).

Notre projet, passé à l’échelle, permettrait de « répartir » ce types de contraintes, déjà bien connues, sur un maximum de parties prenantes. La production d’aliments sains, naturels, locaux, ne doit pas être un fardeau qui ne repose que sur une poignée de producteurs passionnés et dévoués. D’autres organisations sont possibles: gestion des fermes par les territoires, ou en coopératives, participation des citoyens et travailleurs à l’activité de production, juste répartition de la valeur créée entre toutes les parties prenantes via un des nombreux principes de la Sécurité Sociale de l’Alimentation…La poly-activité est une « brique » dans ce projet global porteur de progrès écologique et social.

La poly-activité est une « brique » dans ce projet global porteur de progrès écologique et social

Rendez-vous après l’été pour la suite des épisodes!

Merci à la famille Dellarossa et à Quentin, et bon courage pour la suite !

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